Aujourd'hui :
]Il est là, assis, adossé contre l'un des murs de sa chambre, il regarde par la fenêtre qui se trouve en face de lui.
Le regard vide, les yeux rouges, le tout mélangé à un air de pardon.
Son c½ur bat vite, si vite qu'il en ressent une douleur.
Cette sensation lui rappelle ô combien la relation entre une fille et un garçon peut être compliquée et douloureuse.
Cela va bientôt faire trois semaines qu'il n'est plus sorti et autant de temps qu'il ne suit plus les cours.
Il a peur, peur de la revoir elle. Ils sont dans la même école, et lui, il ne veut pas la revoir, il a honte, honte de ce qui s'est passé l'autre soir. Il se souvient des larmes qu'il a fait couler, lui qui avait promis de toujours la protéger et d'être présent à ses côtés. Il s'en veut, il voudrait que tout ceci se termine le plus vite possible.
Il est là, à regretter tout ce qu'il lui a dit tout en sachant qu'il n'y avait que ça à faire.
Trois semaines plus tôt :
Ils venaient de passer une journée merveilleuse dans un endroit où ils avaient l'habitude d'aller tous les deux.
C'était leur endroit « secret », dans les montagnes, une source d'eau chaude, un vrai paradis selon eux.
Ils avaient décidé de passer la soirée ensemble, un repas classique en tête à tête.
L'ambiance était quelque peu spéciale, il n'avait pas l'air à l'aise et elle l'avait bien remarqué.
« Quelque chose ne va pas ? Tu es bizarre depuis quelques minutes. »
« Voilà l'une des raisons pour laquelle je t'aime tant. J'essaye au mieux depuis tout à l'heure de cacher mes émotions mais tu arrives à lire en moi parfaitement. Cela ne sert donc plus à rien de jouer la comédie. J'ai quelque chose à t'annoncer, ça ne sera pas facile à entendre et encore moins à avouer mais parce que je t'aime je te dois la vérité. »
« Tu me fais peur là ! Que se passe-t-il ? »
« Ecoute moi. Cela va faire deux ans que nous sommes ensemble, j'ai passé avec et grâce à toi des moments magiques, les plus beaux de ma vie. Je te dois énormément. Ca fait également deux ans que je t'ai fait une promesse, tu dois sûrement t'en souvenir. »
« Bien sur que je m'en souviens ! Comment pourrais-je oublier cet instant ? Notre premier jour en tant que « couple » où tu me promettais d'être toujours là à mes côtés quoi qu'il arrive et que jamais plus je ne connaîtrai le mot souffrance. »
« J'en étais sur, tu ne pouvais l'oublier. Cette promesse, si lourde à porter je ne vais pas pouvoir l'honorer jusqu'au bout. Je suis malade, il ne me reste pas beaucoup de temps à vivre. Je souhaite que dès aujourd'hui tu puisses commencer une nouvelle vie, rencontrer de nouvelles personnes et trouver un nouvel amour. Cependant, j'ai besoins de te l'entendre dire, libère moi de cette promesse avant que tout ne s'arrête, je t'en supplie. »
Les larmes de la jeune fille coulaient depuis maintenant quelques minutes.
« Comment peux-tu me demander ça ? Pourquoi cette maladie devrait être plus forte que notre amour ? »
La jeune fille était collée au jeune garçon, en sanglot, et tout en prononçant ces mots qui lui faisaient tant de mal, elle donnait des coups sur la poitrine du jeune homme avec la tranche de ses poings.
« Je savais que cela n'allait pas être facile pour toi, mais sache que mon amour pour toi est éternel et que bientôt, ce sera depuis l'autre monde que je te protégerai. Les choses ne peuvent malheureusement se passer autrement, toi tu as encore toute la vie devant et tu dois en profiter au maximum. Je te demande tout ceci, pour que tu gardes une image de moi encore honorable, je ne veux pas que tu te souviennes de moi comme d'un mourrant.
Maintenant, je vais m'en aller, c'est la dernière fois que l'on se voit, s'il te plaît, même si maintenant c'est moi qui te fait souffrir, ne m'inflige pas la même chose, « libère » moi de cette promesse qui me fait tant de mal. »
Elle s'éloigne tout doucement, ne cessant de pleurer et bien que ceci lui arrache le c½ur plus que tout autre chose, elle prononça les mots suivants à voix basse.
« Je te libère, jamais je ne t'oublierai, tu es mon amour pour l'éternité, je n'aurais jamais cru qu'un jour nous puissions être séparés et surtout pas dans ces conditions. La vie est injuste, elle laisse se briser les c½urs, mourir les êtres humains bons et laisses ceux qui ne le méritent pas continuer à répandre le mal.
Merci, merci d'avoir été là pendant ces deux merveilleuses années, tu fus ma joie de vivre, mon soleil, mon coeur »
Ce fut ses dernières paroles, elle se retourna et commença à courir.
Aujourd'hui :
Il ne lui reste plus longtemps à vivre et dans la plus grande tristesse, il va quitter ce monde tout seul.
Il sait cependant qu'une une personne ne l'oubliera jamais, celle qu'il avait promis de ne jamais faire souffrir et d'aimer pour toujours.
« Pardonne moi »
Il ferma les yeux...